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Polluants éternels : les PFAS dans le bâtiment, pourquoi faut-il s’en préoccuper ?

Date de publication : 06/05/2026

On les surnomme « polluants éternels » : les PFAS inquiètent de plus en plus les autorités sanitaires et les particuliers. Présents dans de nombreux matériaux de construction, ces composés chimiques soulèvent des questions sur la qualité de l’air intérieur, la santé des occupants et les futures réglementations. Où trouve-t-on les PFAS dans nos logements ? Quels sont les risques pour les habitants ? Et que prévoit la loi ? On fait le point pour vous permettre d’agir en toute connaissance de cause.

PFAS : qu’est-ce que c’est et où en trouve-t-on dans le bâtiment ?

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont une large famille de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. Si on en parle beaucoup dans l’alimentation ou les textiles, le bâtiment est aussi concerné, surtout dans les logements récents ou rénovés.

  • Mousses isolantes : Certains isolants (mousses polyuréthane, panneaux composites) sont traités aux PFAS pour améliorer leur résistance à l’eau ou au feu.
  • Peintures, vernis, enduits : Les fabricants ajoutent parfois ces substances pour rendre les revêtements lessivables ou résistants aux taches.
  • Imperméabilisants : De nombreux produits de protection des façades, terrasses ou toitures contiennent des PFAS afin de repousser l’eau et la saleté.
  • Joints et colles : Certains mastics et colles utilisés dans la pose de fenêtres et de revêtements de sol peuvent aussi en contenir.

En résumé, si votre logement a été rénové récemment, ou si vous avez fait poser de nouveaux revêtements, il est possible que des PFAS soient présents sans que vous le sachiez.

Quels sont les risques sanitaires des PFAS pour les occupants ?

Les PFAS sont qualifiés de « polluants éternels » car ils se dégradent très lentement dans l’environnement et s’accumulent dans l’organisme. Plusieurs études ont mis en avant des risques pour la santé :

  • Effets sur le système immunitaire : Les PFAS peuvent diminuer la réponse immunitaire, notamment chez les enfants.
  • Risques de cancers : Certains types de PFAS sont classés comme cancérogènes probables par l’OMS.
  • Problèmes hormonaux : Ils peuvent perturber le fonctionnement de la thyroïde et d’autres glandes endocrines.
  • Atteintes du foie et des reins : L’exposition chronique peut entraîner des troubles métaboliques et des maladies hépatiques ou rénales.

La principale voie d’exposition dans un logement se fait par l’inhalation de poussières, mais aussi par contact avec des surfaces traitées. Les enfants, qui portent souvent les mains à la bouche, sont les plus vulnérables.

Réglementation : où en est-on en France et en Europe ?

Face à la montée des inquiétudes, les autorités françaises et européennes commencent à s’attaquer au problème.

Des restrictions progressives

  • Depuis 2023, certains PFAS sont déjà interdits dans les mousses anti-incendie et certains emballages alimentaires.
  • Pour le secteur du bâtiment, une réglementation plus large est en préparation, avec un objectif de réduire drastiquement l’utilisation des PFAS dans les matériaux de construction à l’horizon 2025-2030.

Ce qui est déjà en vigueur

  • Les fabricants doivent déclarer la présence de PFAS dans les produits qu’ils mettent sur le marché.
  • Les diagnostics environnementaux (avant démolition, rénovation ou vente) peuvent inclure la recherche de polluants, dont les PFAS, surtout si le bien est situé dans une zone à risque ou s’il existe des suspicions.

Pour les particuliers, cela signifie qu’il sera de plus en plus facile de s’informer sur la présence de PFAS lors d’un achat, d’une vente ou de travaux. Mais pour l’instant, aucun diagnostic obligatoire spécifique n’existe, contrairement à l’amiante ou au plomb.

Comment limiter l’exposition aux PFAS chez soi ?

  • Privilégier les produits labellisés : Lors de travaux ou de rénovations, choisissez des matériaux portant des labels garantissant l’absence de PFAS ou de polluants nocifs.
  • Aérer régulièrement : Renouvelez l’air intérieur pour limiter l’accumulation de polluants, surtout après l’application de peintures ou d’imperméabilisants.
  • Nettoyer les surfaces : Passez régulièrement l’aspirateur avec un filtre HEPA et lavez les surfaces pour réduire la poussière qui pourrait contenir des PFAS.
  • Demander conseil à un expert : Si vous avez un doute après des travaux ou avant un achat, il est possible de faire réaliser un diagnostic environnemental par un professionnel.

En résumé : faut-il s’inquiéter des PFAS dans son logement ?

La présence de PFAS dans le bâtiment est une réalité encore peu connue, mais qui suscite de plus en plus d’attention. Si vous vous apprêtez à rénover, acheter ou vendre un bien, restez vigilant sur les matériaux employés et informez-vous sur leur composition. Les risques pour la santé existent, surtout pour les jeunes enfants, mais des solutions se mettent en place, tant du côté de la réglementation que des alternatives sans PFAS. En cas de doute, n’hésitez pas à demander un avis à un professionnel du diagnostic immobilier pour sécuriser votre projet et protéger votre famille.

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