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L'amiante, plus grand tueur de l'attentat du World Trade Center à NYC ?

19/04/2017

Plus de quinze ans après, le bilan des attentats du 11 septembre 2001 continue de s’alourdir…indirectement. La faute aux immenses quantités d’amiante qui se trouvaient enfermées dans les tours du World Trade Center.
GENOVEXPERT revient sur cette face cachée de l’histoire aux conséquences tout aussi dramatiques que les attaques en elles-mêmes.

Les Tours jumelles : un site emblématique des années 1970

Les Twin Towers du World Trade Center sont un pur produit de l’architecture et des principes constructifs du tournant des années 1960-1970. Ouvertes en 1972 et 1973, ces deux buildings de plus de quatre cents mètres de haut et d’une superficie de 400 000 m² ont été édifiés dans une période où l’usage de l’amiante était fortement répandu.

Dedans, telle une bombe à retardement, plus d’un millier de tonnes d’amiante ont été employés notamment pour protéger les tuyauteries.

Le nettoyage du site : une situation d’urgence épouvantable

Dès le lendemain des attentats, des équipes de désamiantage, dont près de trois mille Polonais, se présentent à Ground Zero pour procéder à la dépollution du site.

Certains sont aussi affectés par la suite au nettoyage des véhicules d’intervention des pompiers de New York. Ces désamianteurs étaient munis de masque de protection, mais au regard des quantités de fibres d’amiante présentes dans l’atmosphère, ces dispositifs semblent bien insuffisants.

Pire, les volontaires œuvrant à l’extérieur aux fouilles des décombres n’étaient dotés que de masques en papier inefficaces contre les poussières toxiques d’amiante.

Malgré toutes ces opérations, aujourd’hui encore, on peut voir un dépôt rosâtre caractéristique des poussières d’amiante sur le toit de certains bâtiments newyorkais.

Des conséquences sanitaires rapidement visibles

Dès l’automne 2003, soit à peine plus de deux ans après les attentats, les premières victimes commencent à être connues.

Aujourd’hui, difficile d’avancer un chiffre précis des morts parmi les désamianteurs des Twin Towers, mais en 2015, un syndicat évoquait déjà le chiffre d’une vingtaine de décès et d’une cinquantaine de condamnés.

Ces données ne recouvrent cependant qu’une partie de la vérité car de nombreux désamianteurs ne sont plus suivis par le syndicat, parmi lesquels tous ceux qui sont retournés en Pologne pour y mourir. Les victimes parmi les volontaires sont également nombreuses et quand on sait que les maladies liées à l’amiante peuvent se déclarer plusieurs décennies après la période d’inhalation, on imagine qu’à terme le nombre de morts indirects pourrait dépasser celui des tués lors de l’effondrement du World Trade Center.

Asthme, cancer de la thyroïde, asbestose (fibrose pulmonaire causée par l’inhalation de fibres d’amiante), mésothéliome (cancer de la plèvre) sont les pathologies les plus courantes, mais on constate aussi des morts plus violentes due à une embolie pulmonaire. Les conséquences sont aussi psychologiques.

Une étude américaine réalisée en 2005 sur près de 12 000 ouvriers ou volontaires montrent que plus de la moitié d’entre eux ont besoin d’une aide psychiatrique pour évacuer le stress liés à cette menace latente qui tôt ou tard risque de les affecter.

Les Autorités américaines accusées de négligence coupable et de dissimulation

S’il est toujours plus facile de juger après coup une situation d’extrême d’urgence, les annonces rassurantes faites par les Autorités américaines semblent malgré tout inconcevables.

Les experts du gouvernement américain ont en effet nié les risques pris par les équipes d’intervention en parlant d’invention de la part des entreprises de désamiantage pour tirer profit du drame.

Après tout, les échantillons analysés par l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) n’avaient-ils pas écarté tout danger ?

Il s’avère que l’EPA n’aurait effectué que six mesures de la qualité de l’air à Ground Zero. Un chiffre bien faible au regard de la taille de la zone et de la quantité d’amiante présente dans les tours. Tout au long du nettoyage des décombres, l’Agence a affirmé que le taux de concentration en fibres d’amiante était conforme aux normes.

Mais des experts et même certains membres de l’EPA dénoncent une manipulation des chiffres et l’utilisation volontaire d’une technique d’analyse peu fiable.

Dès les premiers jours qui ont suivi l’effondrement des tours, certains évoquent déjà la possibilité que les ouvriers aient respiré une quantité énorme d’amiante, les condamnant à plus ou moins longue échéance à une mort certaine.

S’agissait-il d’une négligence, d’un besoin d’éviter la panique, de la nécessité de retrouver au plus vite les boites noires des deux avions ou encore d’une volonté d’effacer rapidement toute trace des attaques ? Probablement un peu des quatre…

Qu’aurait-on pu faire ?

L’effondrement des tours a libéré et dispersé sur une superficie gigantesque une telle quantité d’amiante qu’il est impossible d’imaginer les moyens qu’il aurait fallu déployer pour mettre en sécurité la zone contaminée. Mais il apparait que les ouvriers ayant participé à l’enlèvement des décombres auraient pu bénéficier d’équipements de protection supplémentaires.

Fallait-il, à l’instar de ceux que l’on a appelés les « liquidateurs » de la centrale nucléaire de Tchernobyl, sacrifier des vies humaines pour parer à la situation d’urgence ?
Les négligences, volontaires ou non de l’EPA, montrent toutefois que l’on ne peut prendre de risque avec l’amiante sans conséquences graves.

Retenir les leçons des erreurs passées

Ce drame illustre in fine le prix à payer d’un emploi trop systématique de l’amiante dans les bâtiments.

Certes, la France semble avoir pris conscience de l’ampleur de ce fléau sanitaire en déployant un arsenal réglementaire et normatif toujours plus performant, des diagnostics et expertises toujours plus nombreuses et des solutions techniques et matérielles suffisantes pour limiter les risques d’exposition.

À condition cependant de respecter les obligations faites en matière de surveillance de l’amiante

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