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L’amiante blanc toujours commercialisable

06/11/2019

La dernière Convention de Rotterdam appelée à statuer le sort de l’amiante chrysotile n’a pas permis d’aboutir à un consensus sur le commerce de cette substance pourtant hautement cancérogène.

Une interdiction partielle

En effet, certains pays, pour des raisons économiques, refusent toujours d’interdire l’extraction d’amiante et son commerce et s’opposent à ce que certaines variétés soient inscrites sur la liste des substances cancérogènes de la Convention de Rotterdam. Ce texte international, adopté en 1998, vise à encadrer le commerce de certaines substances chimiques en instituant notamment la notion de consentement du pays importateur. Plusieurs formes d’amiante ont ainsi été placées sur la liste de la Convention de Rotterdam (actinolite, crocidolite, trémolite, etc.). Mais ce n’est en revanche pas le cas de l’amiante chrysotile appelé également amiante blanc. Régulièrement, la proposition revient pourtant à la table des négociations (les états-partis de la Convention de Rotterdam se réunissent tous les deux ans). Si l’Union Européenne, soutenue par de nombreuses organisations internationales, demande l’inscription de l’amiante blanc sur la liste des produits dangereux, elle se heurte à l’absence de consensus sur le sujet.

Une dernière convention houleuse

Récemment, en mai dernier, plusieurs pays se sont encore opposés à son introduction dans la liste après des actions de lobbying, la Russie en tête qui produit à elle seule la moitié de l’amiante dans le monde. Des membres de la délégation russe pro-chrysotile ont même organisé une manifestation durant la convention en brandissant des bannières « non à l’interdiction du chrysotile » ou encore « chrysotile pour toujours ».

Phillip Hazelton, membre de la délégation d’ABAN (réseau asiatique Ban Asbestos), a exprimé les revendications des victimes de l'amiante et des organisations syndicales d'inclure le chrysotile, soulignant qu'il était « choquant que les intérêts financiers de quelques Parties seulement puissent empêcher le plus grand nombre de protéger les travailleurs ».

Une minorité de blocage

Le consensus étant indispensable, l’amiante blanc n’a finalement pas été inscrit à la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam. En plus de la Russie, neuf autres pays producteurs, exportateurs et importateurs d’amiante se sont également opposés à cette décision. (Kazakhstan, Syrie, Zimbabwe, Kirghizistan, Venezuela, Pakistan, Cuba, Inde et Iran). Pour la fondatrice du collectif international d’ONG Alliance pour la convention de Rotterdam (Roca), le combat risque encore d’être long : « Les citoyens des pays occidentaux croient que le sort de l’amiante est réglé depuis des années parce que la substance est interdite dans leur pays. Or la situation actuelle est un désastre. Deux millions de tonnes sont encore produites chaque année dans le monde, et une vingtaine de pays en importent, en toute méconnaissance des risques. D’autant plus que les producteurs diffusent des informations fallacieuses sur l’innocuité de l’amiante. » Phillip Hazelton a également fait part de son désarroi : « Le blocage à long terme de l’inscription du chrysotile, le plus grand tueur de maladies professionnelles au monde, doit cesser et c’est aux pays aussi frustrés que nous de le faire. Ils doivent proposer une solution viable pour briser le blocus inscrit sur la liste de l’amiante chrysotile. Nous avons quelques options, passons à autre chose ! »

Faudra-t-il attendre que l’amiante blanc perde toute valeur commerciale pour enfin intégrer cette liste ?

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